Faut-il dire « le » ou « la » Covid ?

Le 7 mai, l’Académie française a jeté un pavé dans la mare : il faut dire « la » Covid, et non « le » Covid. Une recommandation à rebours de toutes les pratiques déjà établies, notamment par l’usage et par la presse. Alors, on dit « le » ou « la » Covid ?

La langue anglaise permet souvent de s’éviter ce genre de questions. Outre-Manche (et outre-Atlantique), on dit « the », et c’est tout. On en viendrait alors à se dire que la langue de Shakespeare fait moins de nœuds au cerveau que celle de Molière… Mais c’est sa richesse qui en fait la beauté !

Du côté du Québec, l’affaire est classée depuis début mars. Le 10, l’Office québécois de la langue française a tranché, expliquant qu’il fallait féminiser le nom. Soit. La règle précède (presque) l’usage. En tous cas, elle précède la démocratisation de celui-ci.

Chez nous, si la question du genre du nouveau coronavirus a été évoquée au début de l’épidémie, elle a été rapidement tranchée… en décidant de ne pas décider. Et pourtant, le 7 mai, l’Académie française est sortie de son silence : Covid est un nom féminin.

Alors pourquoi « le » Covid s’est-il démocratisé ?

Pendant plusieurs semaines, médias, médecins, nous tous, avons parlé « du » nouveau coronavirus. C’est donc naturellement que « Covid » s’est imposé au masculin.

L’Académie française argumente qu’à l’instar de « la » SNCF (Société nationale des chemins de fers), l’acronyme doit prendre le genre du nom principal de l’expression auquel il se rapporte. Ici, Covid étant l’acronyme de coronavirus disease, il doit donc s’accorder avec la traduction française de disease, soit « maladie ». C’est donc « la » Covid.

Cependant, contrairement à son homologue québécois, la réponse de l’Académie française intervient après plusieurs mois d’utilisation de la forme masculine. Alors, le rôle d’une telle institution est-il de forcer l’usage de la langue, ou d’inscrire dans le marbre les usages établis ? Que doit-on dire aujourd’hui ?

Pourquoi nous continuerons à dire « le » Covid

Chez The Editorialist, nous nous sommes posé la question, nous avons débattu. Après de nombreux échanges, nous avons décidé que nous ne suivrions pas les recommandations de la prestigieuse institution.

Car nous sommes attachés à la qualité de nos productions, sur la forme, certes, mais surtout sur le fond. Nous sommes attachés à produire des contenus à valeur ajoutée, avec de la profondeur, des témoignages, des interviews, de la recherche, des études…

Et nous craignons, en changeant soudainement de braquet, de voir la forme parasiter le fond.

Bien sûr, nos clients sont notre priorité. Nous nous conformons et nous conformerons à leurs demandes. Mais il est également de notre rôle de les conseiller. C’est pourquoi, chez The Editorialist, nous conseillons de continuer de parler « du » Covid.

par Agathe Dubuquoy
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